Affichage des articles dont le libellé est traites négrières. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est traites négrières. Afficher tous les articles

vendredi 14 mai 2021

Mémoires de l’esclavage : « L’histoire enseignée doit prendre en compte la complexité et la variété des héritages »

 

 Tribune, Le Monde 10.05.2021

 

A l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le professeur d’histoire et formateur Eric Mesnard interroge la place à l’école de l’enseignement de l’esclavage en 2021.

 

Il y a vingt ans, le Parlement votait la loi dite Taubira dont l’article 2 stipule que « les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent ». Si l’enseignement des traites, des esclavages et de leurs abolitions n’est pas une complète nouveauté, ces questions sont entrées explicitement dans les programmes de l’école élémentaire en 2002, et la journée du 10 mai est consacrée à cette histoire.

Depuis, les programmes scolaires successifs ont globalement accordé une place plus importante à l’enseignement des traites, des esclavages et de leurs abolitions. De nombreuses publications tant savantes que destinées à la jeunesse ont été publiées, des ressources pédagogiques ont été mises en ligne. Et un concours national, appelé « La flamme de l’égalité », valorise les projets pédagogiques mis en œuvre dans des écoles, des collèges et des lycées.

Toutefois, la place de cet enseignement demeure fragile, comme l’a montré en octobre 2020 la note de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. En attestent les programmes actuellement en vigueur pour le primaire qui incluent la question de la traite et de l’esclavage dans le thème intitulé le « temps des rois » (CM1), mais d’une phrase sibylline la limitent à « une présentation de la formation du premier empire colonial français, porté par le pouvoir royal, et dont le peuplement repose notamment sur le déplacement [sic] d’Africains réduits en esclavage ».

À l’heure des débats publics sur les mémoires de la colonisation et sur la diversité des identités, n’est-il pas consternant de constater que les seules « violences » évoquées entre le XIe et le XVIIIe siècle par les auteurs de ces programmes sont les « croisades, les guerres de religion et le régicide » ? Si les programmes pour l’enseignement professionnel et ceux « adaptés pour les outre-mer » donnent leur place aux résistances des esclaves et à la révolution de Saint-Domingue, les programmes du collège et de la voie générale du lycée ne donnent que peu de place aux dimensions autres qu’économiques.

 

Réévaluer le « panthéon scolaire »

Dans un contexte marqué par la persistance du racisme, dont l’esclavage est une matrice essentielle, l’enseignement de cette question cruciale pour la compréhension du monde contemporain doit mieux trouver sa place et s’insérer dans une réflexion plus générale sur les enjeux de l’enseignement de l’histoire qui, malgré les propos nostalgiques de certains, ne peut plus reproduire la transmission du « mythe national » hérité du XIXe siècle.

Pour être véritablement partagée, l’histoire enseignée doit prendre en compte la complexité et la variété des héritages. Si les Français issus des groupes minoritaires ne se retrouvent pas dans cette histoire scolaire, ils pourraient être tentés de se réfugier dans un passé mythique, voire trompeur.

Le panthéon scolaire et le choix de ses grands hommes méritent d’être réévalués. Ainsi, le professeur qui enseigne à ses élèves l’absolutisme de Louis XIV et la biographie de Napoléon Bonaparte ne doit-il plus passer sous silence la condition des hommes et des femmes déportés et exploités dans les colonies esclavagistes au même moment. Il doit expliquer, comme il le fait pour la révocation de l’édit de Nantes, la signification du Code noir promulgué la même année (1685), les conséquences du rétablissement de l’esclavage en 1802, et présenter le rôle de Toussaint Louverture et de l’abbé Grégoire.

La précision et la rigueur d’un enseignement qui contribue à la transmission de cette histoire sont indispensables pour contrer les effets pernicieux de la concurrence des mémoires entretenue par l’usage inapproprié des réseaux sociaux qui peuvent séduire les jeunes. L’initiation à la critique documentaire permise par la leçon d’histoire amène l’élève à s’interroger sur le sens de tel mot ou de telle image pour justifier ou pour condamner la traite et l’esclavage. Elle le rend sensible à la polysémie de mots comme celui de liberté qui n’avait pas le même sens pour le négrier et pour celui qui était enchaîné à fond de cale. Elle incite le futur citoyen à la défiance à l’encontre de l’euphémisation des pratiques criminelles. Car celle-ci était déjà largement pratiquée par la propagande du lobby négrier qui se fit, face aux critiques, le défenseur de la « liberté du commerce », de la « prospérité des ports, des colonies et de la France » grâce au maintien du trafic du « bois d’ébène » et des « pièces d’Inde » sauvées de la « barbarie africaine ».

Restituer à nos élèves la complexité de l’histoire des questions sensibles est un enjeu essentiel contre les négations des crimes coloniaux ou des génocides du XXe siècle.

 

« Incarner » la traite et l’esclavage

Dans bien des territoires les questions des élèves peuvent être tout à la fois vives, sensibles et exigeantes lorsqu’on parle d’esclavage, des enseignants sont engagés pour prendre en compte les relations complexes et souvent conflictuelles entre la mémoire dont certains élèves peuvent être porteurs et l’enseignement de l’histoire. Ils abordent avec tact et rigueur des textes qui défendent des thèses racistes ou des images qui donnent une vision dégradante de l’être humain.

Ces pédagogues cherchent l’équilibre entre une nécessaire mise à distance et une évocation formelle qui résumerait cette histoire par le seul usage d’une carte du commerce triangulaire. Il faut, en effet, transmettre les pertes humaines sans les réduire à un bilan comptable, en incarnant sans relâche la terrifiante froideur de ces nombres exprimés en centaines de milliers ou en millions dont la réalité demeure inconcevable, même pour des adultes.

De plus en plus d’enseignants, grâce à la traduction en français de récits autobiographiques d’anciens esclaves comme Olaudah Equiano, Mary Prince, Harriet Jacobs ou Frederick Douglass, permettent à leurs élèves d’entendre la parole d’hommes et de femmes au parcours singulier. Victimes, certes, mais aussi acteurs et militants qui ont agi pour l’émancipation. La lecture de ces textes est l’occasion de ressentir notre commune humanité et d’inciter chacun, à sa mesure, à s’engager pour le respect de la dignité humaine dans un monde où l’esclavage, malgré la législation internationale, n’a pas disparu.

Il y a vingt ans, formateur pour les professeurs des écoles dans l’académie de Créteil, j’avais fait un sondage auprès d’une centaine de professeurs stagiaires. S’ils connaissaient Louis XIV et Napoléon Bonaparte, moins d’une dizaine savait qui était Toussaint Louverture, Louis Delgrès et Victor Schœlcher. Faisons en sorte que, grâce à une pédagogie active mieux encouragée, adossée aux travaux scientifiques, si un tel sondage devait être réédité, il ne conduise pas au même résultat.

 

Eric Mesnard est professeur d’histoire-géographie, formateur à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation de l’académie de Créteil, coauteur, avec Catherine Coquery-Vidrovitch, de l’ouvrage Être esclave (La Découverte Poche, 2013), codirecteur avec Marie-Albane de Suremain, de l’ouvrage Enseigner les traites, les esclavages, les abolitions et leurs héritages (CIRESC-Karthala, 340 p., 28 €).

samedi 12 septembre 2020

Billet d’humeur de Catherine Coquery-Vidrovitch sur les chiffres des traites négrières

 

 Billet d’humeur par une spécialiste de la question, à propos d’un récent article de Mediapart [1], bienvenu dans l’ensemble, mais qui reprend, faute d’une documentation à jour, des chiffres globaux de traites des esclaves africains inexacts et conduisant, par leur répétition grand public, à attiser « politiquement » la concurrence des mémoires qu’il s’agit précisément de combattre.

 

C’est désespérant. Je m’escrime à expliquer partout que les chiffres de la traite arabo-musulmane africaine vers la Méditerranée et vers l’Océan Indien proposés par Olivier Grenouilleau en 2005 sont dépassés depuis longtemps (probablement 12 et non 17 millions). Les recherches approfondies des spécialistes depuis 15 ans ont affiné ces chiffres : 13 millions pour les Amériques, 6 à 7 millions à travers le Sahara (John Wright, The Trans-Saharan Slave Trade, Routledge, 2007) et de l’ordre de 4 millions vers l’Océan Indien. Soit un total de 12 millions environ, du Xe au XXe siècle, pour les uns, contre 13 millions du XVe au milieu du XIXe siècle pour l’Atlantique, phénomène plus massif mais sur un temps plus court, donc chiffres non comparables. Que les réacs se gargarisent des chiffres de 2005 passe encore, mais que de bons spécialistes de l’Afrique du Nord ne se tiennent pas au courant des recherches considérables effectuées pour l’Afrique subsaharienne en ne lisant pas les derniers travaux sur la question (il est vrai souvent en langue anglaise), c’est assez désespérant. Le chiffre – 17 au lieu de 12 – continue d’être répété au grand public, alors qu’il est inexact. Les meilleurs spécialistes des traites africaines, surtout atlantiques, se trouvent souvent en France dans le labo CNRS de Myriam Cottias qui n’est jamais citée par ces-messieurs, non plus d’ailleurs que mon ouvrage de synthèse résumant les trouvailles de ces auteurs et de bien d’autres, paru en 2018 chez Albin Michel, que j’affirme être plus à jour qu’un ouvrage aussi bon soit-il paru 15 ans avant. Quant aux traites arabo-musulmanes médiévales, les études se multiplient actuellement en langue anglaise, il en sort tous les jours ! L’histoire est une science qui bouge. Toutes les traites ont été épouvantables mais la concurrence des horreurs est exaspérante, surtout quand des chercheurs sérieux s’y laissent prendre.

Ça m’énerve !

Catherine Coquery-Vidrovitch

Professeure émérite, Université Paris-VII-Diderot.



[1] Lucie Delaporte, « Mémoire de l’esclavage : derrière l’attaque d’Obono, la contre-offensive réactionnaire », Mediapart, 2 septembre 2020.

lundi 19 mai 2008

La mémoire courte de Nicolas Sarkozy : A propos de l’enseignement de l’histoire de l’esclavage par Sébastien Ledoux


Du Journal du Dimanche à Libération, en passant par Le MondeLe Figaro ou le Nouvel Observateur, la plupart des médias ont repris dans leur titre « l’annonce » du président Sarkozy faite le 10 mai, à l’occasion de la Journée de commémoration de l’esclavage : « Sarkozy : l’esclavage enseigné à l’école » (JDD), « L’histoire de l’esclavage sera enseignée au primaire » (Le monde), « Abolition de l’esclavage : Sarkozy : "cette histoire doit être enseignée à l’école" » (TF1), « L’esclavage enseigné en primaire dès la rentrée » (Nouvel Observateur), « La traite des Noirs enseignée en primaire, annonce Sarkozy » (Libération), « L’histoire de l’esclavage enseignée en primaire » (Le Figaro).
Et pourtant, derrière ces annonces en fanfare faites au nom de la mémoire… l’oubli.

Oubliés les dizaines de milliers d’enseignants qui enseignent l’esclavage depuis plusieurs années ; niés les programmes de 2002 du primaire, qui eux ont officiellement introduit cette page de notre histoire comme jamais auparavant ; nié l’effort entrepris par les éditeurs des manuels tant du primaire que du secondaire pour transmettre cet épisode à nos élèves ; méprisé le travail de deux années de la commission des programmes du collège qui vient de proposer pour la première fois les traites et l’esclavage comme un thème d’histoire à part entière en classe de 4e.


Comme le rappelait Chris Marker il y a quelques temps déjà, notre époque vit sans cesse de cette « immémoire collective » que l’actualité construit chaque jour. Le président Sarkozy participe activement à cette entreprise en se forgeant l’image du héros national ouvrant une nouvelle page de l’histoire de France…et les médias suivent en cœur cette mascarade, au mépris d’un patient et rigoureux travail mené depuis maintenant plusieurs années. Avec la loi Taubira de 2001, puis les polémiques de 2005 autour du rôle positif de la colonisation, une véritable réflexion a été amorcée sur la transmission pédagogique de l’esclavage à l’école. Cette réflexion s’est concrétisée et nourrie au travers de l’écriture des programmes de l’enseignement primaire et secondaire, et des manuels scolaires. De plus en plus de projets abordant cette histoire ont été réalisés dans de nombreuses académies de France, notamment à Nantes, Bordeaux, Rouen. Le monde scolaire dans son ensemble, en particulier justement dans le primaire, a donc commencé à s’emparer de l’histoire des traites, de l’esclavage et de leurs abolitions.
L’enquête d’une équipe de recherche de l’INRP lancée depuis bientôt deux ans permet de présenter avec précision en quels termes elle s’en est emparée. En attendant les conclusions du rapport, notamment sur les pratiques pédagogiques des enseignants, cette enquête a d’ores et déjà analysé le contenu des programmes officiels et des manuels scolaires du primaire comme du secondaire. Ainsi, les programmes de 2002 semblent bien à rebours le point de départ de cette introduction de l’esclavage à l’école. Encore est-il nécessaire de nuancer son caractère novateur. Certains manuels d’histoire-géographie du collège par exemple ont pu présenter de façon exhaustive cet épisode dans les années 1970. La dénonciation d’une histoire totalement occultée à l’école, en partie à l’origine des revendications mémorielles des années 1990, ne résiste pas à l’analyse. La question de l’enseignement de l’esclavage de fait a été réactivée par des préoccupations tant politiques que sociales. Suivant un processus décrit par le sociologue M. Halbwachs, la disqualification sociale vécue par la population d’Outre-mer dans l’Hexagone a joué un rôle important dans la construction d’une mémoire collective de l‘esclavage. Ce passé est alors investi à travers la remémoration des crimes et des humiliations subies, constituant des souvenirs partagés en commun. Objet mémoriel ainsi élaboré et reconnu par la représentation nationale lors du vote de la loi Taubira en 2001, l’esclavage s’est transformé lors des années suivantes en un savoir circulant à l’intérieur d’un réseau dont les connecteurs et les acteurs n’ont cessé de se diversifier. A côté des représentants politiques, des sites associatifs, d’historiens, de journalistes, l’école a pris résolument place pour mettre elle aussi en circulation, selon ses logiques propres, ce savoir composite.
Dans ce processus, la présentation du thème par les manuels du primaire et du collège laisse percevoir une certaine difficulté de l’école républicaine à faire entrer sereinement l’histoire des minorités dans son récit national. La vision victimaire s’associe souvent à une vision ethno-centrée pour relater ces faits historiques. Les résistances et les mouvements de révoltes des esclaves apparaissent par exemple encore très peu. À la différence de la première abolition de 1794 provoquée par le soulèvement des esclaves de Saint Domingue, celle de 1848, décrétée par une République généreuse, reste systématiquement évoquée. Dans le même esprit, la figure de Victor Schœlcher est beaucoup plus mentionnée que celle de Toussaint Louverture. Par ailleurs, le contexte historique des différentes traites et de sociétés encore largement esclavagistes n’est pas souvent rappelé, laissant entendre une adéquation noir = esclave naturelle. Notons toutefois que les programmes du collège de 2008, prennent davantage en compte cet effort de contextualisation en abordant les différentes traites. Plus largement, des publications récentes de livres ou la mise place de projets pour la formation des enseignants comme le projet européen dont le CNRS est partie prenante, vont dans le sens d’une historicisation de la question de l’esclavage.
L’intervention du président Sarkozy ressemble donc à un superbe « pschitt »… Il faut bien avouer que ce non-événement présidentiel a été facilité par les revendications d’associations militantes qui n’ont pas vu ou voulu voir ce travail effectué par l’école pour sortir l’histoire de l’esclavage des marges de l’enseignement. C’est ainsi que SOS Racisme vient de lancer une pétition intitulée « Appel pour l’enseignement de l’histoire de la colonisation et de l’esclavage », tendant à faire croire que l’occultation se poursuit. Or, il n’en est rien, et cette méconnaissance de la part de militants engagés pour une juste cause accrédite le geste du « prince ».

La journée du 10 mai 2008 restera une nouvelle illustration de la fabrique de l’opinion sans mémoire. Les informations du monde inondent notre vie pour s’oublier aussitôt. Les décisions ou déclarations politiques s’appuient de plus en plus sur cet oubli pour mieux s’imposer à nous, à un rythme qui s’accélère. Au terme d’un an de pouvoir, la communication présidentielle s’évertue encore à créer artificiellement des événements fondateurs. Hier avec la mémoire des enfants exterminés pendant la Shoah que devaient endosser les élèves de CM2, aujourd’hui avec l’esclavage au primaire, elle compte sur notre amnésie collective pour brouiller le réel et faire croire que tout commence avec son prestidigitateur.


Sébastien Ledoux, chercheur associé à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, auteur de « Créer l’espace enseignant-élèves pour produire un savoir » chez Chronique Sociale, à paraitre fin mai 2008.

lundi 14 avril 2008

Journée d’études Histoire et mémoires d’esclavages et de leurs abolitions mercredi 7 mai - CNRS (Ivry)


Délégation Paris A
Service de la communication : Conceiçao Silva , conceiçao.silva@dr1.cnrs.fr
CNRS (Paris A), 27 rue Paul Bert 94 200 Ivry
Métro Pierre Curie ou Porte d’Ivry
PROGRAMME DE LA JOURNEE D’ETUDES DU MERCREDI 7 MAI 2008 : ENSEIGNER TRAITES, ESCLAVAGES ET ABOLITIONS A L’ECOLE, AU COLLEGE ET AU LYCEE

Matin (9h00-12h30)

9h00-9h15
-  Introduction de la journée par Joël Sürig, IENA du Val-de –Marne
9h15-10h30
-  Myriam Cottias EHESS : Les enjeux historiographiques et mémoriels
10h45-11h00
-  Eric Mesnard, IUFM-Paris12 : Enseigner l’histoire des traites, de l’esclavage et des abolitions à l’Ecole élémentaire
11h00-11h15
-  Kamel Chabane, professeur d’histoire et de géographie au collège Jean Perrin à Vitry : Enseigner l’histoire des traites, de l’esclavage et des abolitions au collège
11h15-11h30
-  Marie Albane de Suremain, IUFM-Paris12 : Enseigner l’histoire des traites, de l’esclavage et des abolitions au lycée
11h30-11h45
-  Geneviève Di Rosa, professeure de Lettres au lycée G. Apollinaire à Thiais /IUFM : Traites, esclavages et abolitions dans l’enseignement des Lettres
11h45-12h00
-  Thierry Aprile, IUFM-Paris 12 : Traites, esclavages et abolitions dans la littérature de jeunesse
12h00-12h30
-  Un(e) IPR (sous réserve) : conclusion des travaux de la matinée

Après-midi (14h00-16h00)

Des ateliers permettront des échanges d’expériences.
- Lycée : Marianne Boussuge qui fédère une équipe de professeurs autour de ces questions (Lycée Jacques Feyder d’Epinay)
Quentin Deluermoz, docteur en histoire du centre d’histoire sociale de Paris I, a enseigné au Lycée de Beaumont sur Oise où il a activement contribué à l’organisation des journées autour du 10 mai 2007. Il a organisé un jeu de rôle sur esclavagistes et abolitionnistes, en ECJS Education civique juridique et sociale (ECJS). Il sera intéressant de confronter cette approche avec les jeux de rôle proposés en histoire.
- Collège : Caroline Gauthiérot, professeur de Lettres au collège Jean Perrin à Vitry et Kamel Chabane, professeur d’histoire et de géographie au collège Jean Perrin à Vitry présenteront un projet interdisciplinaire (bande dessinée, textes littéraires, sources écrites et iconographiques).
- Ecole (cycle 3) : Sylvia Chartier, professeure des écoles / maître-formateur (école Charles de Gaulle à Mandres-les-Roses) présentera son travail sur l’articulation entre littérature et histoire
Fabienne Gallion, professeure des écoles (école Polangis à Joinville-le-Pont) présenteront leur travail sur l’articulation entre littérature et histoire.

Pour que nous puissions vous accueillir dans les meilleures conditions possibles, pourriez-vous avoir l’obligeance de vous inscrire auprès de Mme Silva, responsable de la communication au CNRS (délégation Paris A) avant le 5 mai 2008 ?
Vous préciserez si vous souhaitez prendre votre repas dans les locaux du CNRS et indiquerez l’atelier auquel vous souhaitez participer l’après-midi.
Par courrier : à l’attention de Mme Silva
CNRS (Paris A)
27, rue Paul Bert
94 204 Ivry Cedex
Par mail : conceiçao.silva@dr1.cnrs.fr

mardi 11 décembre 2007

Livre Enseigner l’histoire des traites négrières et de l’esclavage de Eric Mesnard et Aude Désiré


Conformément aux programmes scolaires, les professeurs de cycle 3 trouveront, dans cet ouvrage, la réflexion historique nécessaire ainsi que des propositions pédagogiques utiles pour enseigner les traites négrières et l’esclavage.

Ouvrage publié par le CRDP de l’académie de Créteil dans la collection « Repères pour agir Premier degré », 19 euros.

Éric Mesnard, historien et professeur en IUFM, propose un parcours mettant en évidence ce que furent les traites négrières, la situation des esclaves dans les colonies françaises, les résistances à l’esclavage et ses abolitions successives. Chacun de ces développements est accompagné d’une partie pédagogique sous la forme d’un dossier documentaire immédiatement exploitable. Plusieurs documents, iconographiques notamment, seront fort appréciés.

Aude Désiré, professeure-documentaliste, offre une sélection de livres de textes accessibles à des lecteurs de cycle 3. Chaque œuvre est présentée et accompagnée de pistes pédagogiques. Le propos est de soutenir ainsi la formation de jeunes lecteurs et de contribuer à leur culture.

Voilà un ouvrage qui répond à un besoin actuel et donne aux traites négrières et à l’esclavage la place qu’ils méritent.

Pour en savoir plus > > > www.crdp.ac-creteil.fr

dimanche 8 juillet 2007

Conférence du CVUH du 26 avril 2007 Enseigner l’histoire des traites négrières, de l’esclavage, des résistances et des abolitions par Eric Mesnard


1- Interroger la place de l’esclavage colonial dans l’histoire nationale.
Le « silence » sur l’histoire de l’esclavage colonial et sur les révoltes des esclaves pour leur liberté est ancien. Il remonte à l’instauration de la République et aux débats du 19ème siècle sur la définition de la Nation française (1). De Jules Michelet à Pierre Nora, l’histoire de France est réduite au territoire hexagonal et à sa population blanche. Le récit national français tel qu’il a été élaboré sous la 3ème République a cherché à marginaliser, voire à effacer, tout ce qui pouvait ternir l’image d’une France unie et généreuse. Alors que les historiens avaient le pouvoir de construire et de diffuser le « mythe national », aucun descendant d’esclave n’avait la légitimité de le contester : la vie et les résistances des esclaves ne furent pas intégrées à la geste nationale. Seuls furent mis en avant les abolitionnistes. Toutefois, les abolitions ne furent pas présentées comme un moment central du récit historique national. Elles sont signalées, mais on ne s’y attarde pas : ainsi sont passés sous silence le soulèvement des esclaves qui causa la première abolition de l’esclavage à Saint-Domingue en 1793 (cette décision fut à l’origine du vote par la Convention en février 1794 du décret d’abolition pour toutes les colonies françaises), et les conditions ainsi que les effets de l’abolition de 1848 qui attribua la citoyenneté aux « nouveaux libres ». Les élites locales ont participé, dans les « vieilles » colonies à ce silence en gommant toute référence au passé esclavagiste et en affirmant leur adhésion aux principes républicains.
Silence ne signifie, toutefois pas oubli, car l’esclavage est demeuré présent dans les contes, les chants et les récits, mais cette culture populaire des colonisés ne trouva pas sa place dans les discours officiels qui dressaient le portrait d’un citoyen français sans sexe et sans classe : ni femme, ni ouvrier n’y avaient droit à la reconnaissance, alors les esclaves…
Les historiens qui ont travaillé sur cette histoire sont restés isolés et la transmission de ce savoir historique a été rendue difficile par l’absence de centres de recherche et la grande rareté des cours consacrés à ces questions dans les Universités françaises.
Des publications récentes et de qualité ne manquent pas. Toutefois, la prise en compte de ce chapitre par les ouvrages de synthèse qui influent le plus sur l’information des étudiants et des enseignants demeure insuffisante, voire inexistante. Ce qu’a écrit Yves Bénot à propos de la période révolutionnaire peut être élargi à l’ensemble de l’historiographie française : l’histoire de l’esclavage et des résistances à l’esclavage n’est qu’un à côté secondaire de la « grande histoire » : « La thèse de l’influence inconsciente du climat impérialiste n’est pas entièrement satisfaisante … Il y aurait donc un autre facteur non négligeable, le poids des habitudes, une certaine force d’inertie des idées – ou des absences d’idées – acquises. » (2).
Quelques précisions liminaires :
- Il est nécessaire d’étudier, à la fois ensemble et distinctement la traite et l’esclavage, car ils sont interdépendants mais ont une chronologie différente. La traite ne peut pas se comprendre sans référence à l’histoire maritime, coloniale, commerciale et financière. Le schéma du commerce triangulaire est facilement mémorisable, mais tend à réduire le trafic au seul espace atlantique, alors qu’il concerne aussi l’Océan Indien. De plus, il masque les conséquences de ce système sur les sociétés africaines dont le rôle ne se limita pas à la fourniture de la « marchandise » humaine. Ce commerce qui concerne de multiples territoires renvoie à une mondialisation des échanges qui a duré plusieurs siècles et dont les conséquences sont encore perceptibles. Il a mis en relation des sociétés aux structures politiques, économiques et culturelles différentes. Il a créé des zones de contacts et de conflits et des interactions complexes entre les métropoles européennes et les colonies esclavagistes.
- Les témoignages directs émanant des esclaves sont rares et tardifs. Les premiers témoignages écrits, dont le plus connu est celui d’Olaudah Equiano, datent de la fin du 18ème siècle. La plupart de ces textes, comme celui de Mary Prince, ont été rédigés par des abolitionnistes qui ont comme intention, non pas de restituer l’expérience intime de l’esclave, mais de susciter l’indignation du lecteur européen. Après les abolitions du 19ème siècle, des centaines de milliers d’anciens esclaves sont morts sans que personne ne se soucie de recueillir leurs récits. Ce « silence » des archives n’est pas propre à l’esclavage, car les dominés n’ont eu qu’exceptionnellement accès à la possibilité d’exprimer par écrit leur vision du monde. Il reste, cependant, beaucoup à apprendre sur la traite et l’esclavage, car l’étude des traces orales et écrites est loin d’être achevée, l’analyse des documents iconographiques et la recherche archéologique commencent à peine.

- Il n’existe pas une mémoire, mais des mémoires de la traite et de l’esclavage. Ces mémoires sont fragmentaires et géographiquement dispersées. Elles se sont élaborées différemment aux Antilles, en Guyane, en Afrique, à Madagascar, à la Réunion et en France hexagonale. (3)


2- Quelques réflexions pour contribuer à l’enseignement de l’histoire de la traite, de l’esclavage, des résistances et des abolitions dans les colonies françaises.
A- Permettre une nouvelle définition des repères historiques et du « panthéon scolaire »
Les programmes d’histoire ne peuvent plus reproduire la transmission du « mythe national » tel qu’il a été élaboré par les historiens et les pédagogues du 19ème siècle. Depuis les années soixante, l’élaboration d’une histoire scolaire qui s’ouvre sur l’Europe et sur le Monde, a transformé cet enseignement dans son contenu et ses méthodes. Toutefois, des points cruciaux pour la compréhension du monde contemporain n’ont pas encore trouvé leur place, à part entière, dans les programmes d’histoire (4).
La réflexion critique sur les objectifs de l’enseignement de l’histoire amène à s’interroger sur la signification du « panthéon scolaire ». Les documents d’application des programmes d’histoire destinés aux élèves du cycle 3 publiés en 2002 ont redéfini les critères de sélection, renouvelé la liste des « personnages majeurs » et l’ont accompagnée de « groupes significatifs » parmi lesquels « les esclaves d’une plantation ». Ainsi le maître continuera-t-il à enseigner à ses élèves l’absolutisme de Louis XIV et la biographie de Napoléon Bonaparte, mais ne devrait plus passer sous silence la condition des esclaves africains déportés dans les colonies européennes d’Amérique. Pensera-t-il alors à expliquer, comme il le fait pour la révocation de l’édit de Nantes, la signification du Code noir promulgué la même année ? Evoquera t-il les conséquences du rétablissement de l’esclavage en 1802 ?
B- Mener une réflexion sur les finalités de notre enseignement et sur nos responsabilités pédagogiques
L’enseignant qui prépare une leçon sur l’histoire de la traite et de l’esclavage est confronté à une série de questions auxquelles il s’efforcera de répondre :
- Comment prendre en compte les relations complexes et souvent conflictuelles entre la mémoire dont certains de nos élèves peuvent être porteurs et l’enseignement de l’histoire ?
- Comment donner du sens aux informations que reçoivent nos élèves (à l’école, par les medias, dans la famille) ?
- Que montrer ou … ne pas montrer ? Comment aborder des textes qui défendent des thèses racistes ou des images qui donnent une vision dégradante de l’être humain ? « Censurer » n’équivaut-il pas à proposer une vision édulcorée, voire mensongère, de la réalité ? Montrer n’entraine t-il pas le risque de choquer la conscience et la sensibilité des élèves ?
- Quel équilibre trouver entre une nécessaire mise à distance et une évocation formelle qui cantonnerait cette histoire à un segment sur une frise chronologique ? Comment transmettre les nombres des pertes humaines sans les réduire à un « bilan comptable » ? Comment incarner la terrifiante froideur de ces nombres exprimés en centaines de milliers ou en millions dont la réalité demeure inconcevable, même pour des adultes ?
Cette « nouvelle » question introduite dans les programmes ne pourra à moyen terme être pertinemment prise en compte par l’ensemble des maîtres du cycle 3 qu’à condition d’être accompagnée d’une réelle prise en compte dans les cursus universitaires et dans la formation initiale et continue des enseignants (5).
C- Penser la place dans notre enseignement de l’histoire des traites, de l’esclavage dans les colonies européennes, des résistances et des abolitions.
Nombre d’ouvrages continuent à n’évoquer l’esclavage des Noirs dans les colonies françaises qu’au moment de son abolition ce qui permet de mettre en avant la place des abolitionnistes, dont Victor Schœlcher, mais a pour effet de masquer les réalités des sociétés esclavagistes et le rôle des esclaves dans les diverses formes de résistance à l’esclavagisme.
Donner sens à cette histoire qui dure du 16ème au 19ème siècle et est un fait majeur non seulement pour comprendre l’histoire nationale, mais aussi l’histoire de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique suppose une réflexion historique et pédagogique qui permettra de définir une programmation des leçons cohérente avec les programmes d’enseignement.
La mise en place de la traite négrière européenne pourra être étudiée lors du chapitre consacré au « Temps des Découvertes ». Ceci permettra d’évoquer l’exploration des côtes africaines et l’insertion des navigateurs portugais, puis des autres puissances européennes, dans un trafic négrier qui s’étendit dès le début du 16ème siècle vers les terres américaines récemment conquises où les populations indiennes furent asservies et massacrées (6). Ce chapitre permettra de contribuer à la culture géographique des élèves (nouvelles représentations de la Terre, localisation des lieux de la traite et des colonies des Antilles et de l’Océan Indien dont quatre sont devenues des D.O.M.).
L’étude des colonies européennes à esclaves pourra s’insérer dans la leçon consacrée au « mouvement des Lumières » et aux évolutions de la société à la fin de l’Ancien Régime perme.
Cette leçon permettra aux élèves d’étudier :
- l’importance de la traite et du commerce colonial dans l’essor économique de l’Europe atlantique avec, notamment, comme exemple, la croissance des villes portuaires ;
- l’aspect massif et organisé de la déportation de populations africaines de diverses origines géographiques et culturelles ;
- les conditions d’existence des esclaves « pour » lesquels a été rédigé en 1685, sous le règne de Louis XIV, le Code Noir ;
- le fonctionnement des plantations et les grandes lignes de l’organisation des sociétés esclavagistes ;
- les formes de résistance des esclaves ;
- les dénonciations par des « intellectuels » européens des méfaits de la traite et de l’esclavage malgré l’influence de ceux qui en tiraient profit.
La leçon sur « la Révolution française et le premier Empire » amènera à prendre en compte :
- des combats politiques menés par les abolitionnistes (Condorcet, abbé Grégoire …) et l’évocation de l’abolition de l’esclavage par la Convention en février 1794 ;
- des événements révolutionnaires qui ont marqué l’histoire des Antilles, notamment, l’indépendance d’Haïti en 1804 ;
- du rétablissement de l’esclavage par Napoléon Bonaparte et de l’échec du soulèvement anti-esclavagiste à la Guadeloupe.
L’acquisition de ces connaissances aidera les élèves à mieux comprendre le contexte de l’abolition de l’esclavage en 1848 par la Deuxième République, l’œuvre de Victor Schœlcher et les conséquences sur les sociétés antillaises, guyanaise et réunionnaise des conditions dans lesquelles l’esclavage a été aboli (propriété de la terre, « dédommagement » des anciens « maîtres » …).
D- Permettre la compréhension de documents historiques et développer l’esprit critique
L’actualité des enjeux civiques rend d’autant plus nécessaires la précision et la rigueur de notre enseignement pour contrecarrer la confusion entretenue par la « concurrence des mémoires ».
L’information scientifique apportée par la leçon et l’étude de dossiers documentaires contribueront à l’instruction et à la formation de l’esprit critique des élèves. Comme lors de tout cours d’histoire,l’identification précise des sources documentaires (nature du texte ou de l’image ? date de production et contexte ? auteur ? destinataire ?...) est d’autant plus formatrice qu’elle aide à comprendre :
- l’importance du point de vue de celui qui tient la plume (ou le pinceau)
- la différence entre un témoignage, un roman historique, le texte d’un historien ou entre un reportage, le filmage de sources documentaires, une reconstitution historique ou une œuvre de fiction cinématographique.
Toutefois, l’élève n’est pas un historien : le choix des documents, le questionnement et les conclusions tirées relèvent de la responsabilité pédagogique de l’enseignant, car tous les énoncés ne se valent pas. Il y a des affirmations fausses et d’autres qui sont exactes.
L’initiation à la critique documentaire permise par la leçon d’histoire amène l’élève à s’interroger sur le sens du choix de tel mot ou de telle image pour justifier ou pour condamner la traite et l’esclavage. Elle le rend sensible à la polysémie de mots comme celui de liberté qui n’avait pas le même sens pour le négrier et pour celui qui était enchaîné à fond de cale. Elle incite le futur citoyen à la défiance à l’encontre de l’euphémisation des pratiques criminelles déjà largement pratiquée par la « communication » (c’est-à-dire la propagande) du lobby négrier qui se fit, face aux critiques, le défenseur de la « liberté du commerce », de la « prospérité des ports, des colonies et de la France » grâce au maintien du trafic du « bois d’ébène » et des « pièces d’Inde » sauvées de la « barbarie africaine ».
E- Promouvoir les approches interdisciplinaires et la transversalité des apprentissages
Dans le prolongement du chapitre consacré au « temps des découvertes », le cours sur l’histoire de la traite et de l’esclavage gagnera à être mis explicitement en relation avec le programme de géographie. Comment, en effet, comprendre la complexité du peuplement américain et la diversité de ses populations sans les mettre en relation avec ces pages d’histoire ? Quant à la connaissance de l’histoire et de la géographie des sociétés africaines, elle demeure un des « angles morts » de nos programmes. Cette ignorance contribue à la persistance des stéréotypes racistes hérités de la traite négrière et de la colonisation (7).
Du 16e siècle à nos jours, la déportation et l’esclavage des Noirs sont à l’origine de textes littéraires dont certains sont des classiques de la culture scolaire. La lecture de romans, de témoignages et de récits de voyages, ainsi que la musique tout en enrichissant la culture des élèves, les amèneront à percevoir la diversité des expressions culturelles. De même, tableauxgravuresfilms etphotographies contribueront à former leur regard.

L’éducation civique sera l’occasion de prendre en compte les questions inévitables sur les formes contemporaines d’asservissement, dont le travail des enfants est une des manifestations les plus sensibles. Les réalités de l’exploitation et de la servitude sont multiples, mais de légaux et officiellement pratiqués, la traite des êtres humains et de l’esclavage sont devenus illégaux et clandestins. Cette précision n’est pas anodine, car elle ouvre sur une réflexion essentielle sur le rôle de la loi, mais aussi sur ses limites lorsque des Etats, malgré les conventions internationales, ne se donnent pas les moyens de la faire respecter.


Eric Mesnard, formateur à l’IUFM de l’Académie de Créteil


=========
Notes :

(1) Myriam Cottias, « Le silence de la Nation. Les « Vieilles colonies » comme lieu de définition des dogmes républicains (1848-1905) », Outre-Mers. Revue d’Histoire, 2003.
Françoise Vergès, La mémoire enchaînée Questions sur l’esclavage, Albin Michel, 2006.
(2) Yves Bénot, La Révolution française et la fin des colonies, éd. La Découverte, 1988.
(3) Françoise Vergès, La mémoire enchaînée. Questions sur l’esclavageop.cit.
(4) Pour plus de précisions à propos des programmes et des manuels :
Eric Mesnard, « Quelques réflexions pour contribuer à l’enseignement de l’histoire de la traite et de l’esclavage des Noirs dans les colonies françaises » (pp. 131 et sq.) in La colonisation, la loi et l’histoire, sous la direction de Claude Liauzu et Gilles Manceron, éd. Syllepse, 2006.
Aude Désiré, Eric Mesnard, Histoire des traites négrières et de l’esclavage, Sceren-CRDP, à paraître en septembre 2007.
(5) La récente initiative du CNRS (Centre de Recherches sur les Esclavages. Acteurs, systèmes, représentations) de créer un site destiné aux chercheurs et aux enseignants va dans ce sens …http://ocmceasil.free.fr/CNRS/index.html
(6) Les premiers chapitres du livre d’Hugh Thomas traduit de l’anglais par G. Villeneuve, La traite des Noirs 1440-1870, coll. Bouquins, Robert Laffont, offrent à ce propos une remarquable mise au point historique.
(7) William B. Cohen, Français et Africains. Les Noirs dans le regard des Blancs (1530-1880), Gallimard, 1981.
Hugh Honor, L’image du Noir dans l’art occidental de la Révolution américaine à la Première Guerre mondiale, Gallimard, 1989.
Pascal Blanchard et Nicolas Bancel, De l’indigène à l’immigré, Découverte Gallimard, 1998