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mardi 27 mai 2008

Intervention de Gérard Noiriel devant la commission parlementaire sur les questions mémorielles.



Monsieur le Président, mesdames et messieurs, je vous remercie de m’avoir invité à participer à la réflexion de votre commission sur les questions mémorielles. J’ai lu avec attention le questionnaire indicatif que vous m’avez adressé. Je ferai de mon mieux pour y répondre au cours de notre discussion. Mais dans cette courte introduction, j’ai voulu préciser, au préalable, dans quel sens j’utilisais les termes, « histoire », « mémoire », « lois mémorielles », etc. L’une des difficultés de ce débat, y compris chez les historiens, tient en effet au fait que nous ne donnons pas tous la même signification aux mots que nous employons. 


Depuis 2005, je préside le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire. Ce comité regroupe des historiens, universitaires et enseignants du secondaire, qui ont jugé nécessaire de se mobiliser pour que la spécificité de leur fonction soit davantage respectée dans l’espace public. L’écho rencontré par notre démarche (le CVUH est aujourd’hui implanté dans la plupart des régions de France) prouve que nos préoccupations sont partagées par un grand nombre de collègues. Depuis quelques années, en effet, nous avons le sentiment que le métier d’historien n’est plus considéré comme un métier légitime, et que les valeurs qui le sous-tendent (l’esprit critique, la compréhension du passé, l’universalité de la raison) ne sont plus comprises et parfois ne sont même plus admises dans l’espace public. Les deux événements qui ont marqué à nos yeux le point de départ de cette dérive se sont produits au début de l’année 2005. Le premier, c’est la fameuse loi du 23 février 2005 dont l’article 4 stipulait que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer ». Le second événement qui nous a fait réagir, c’est la menace de procès pour « négationnisme » intenté à l’un de nos collègues dont les écrits sur l’histoire de l’esclavage n’avaient pas plu à une association mémorielle.
Notre comité n’a pas été la seule organisation à avoir protesté très vivement contre ces pressions. L’immense majorité de la communauté des historiens a exprimé sa désapprobation. Néanmoins, comme vous le savez sans doute, des divergences sont apparues entre nous sur les solutions qu’il fallait adopter pour tenter de mettre un terme à ces dérives. Ce clivage a été illustré par les deux pétitions lancées à ce moment-là. La première, celle que notre comité a soutenue, demandait le retrait de la loi du 23 février 2005, parce qu’elle illustrait une intrusion directe du pouvoir politique dans l’enseignement de l’histoire, ce qui n’était pas le cas des précédentes lois mémorielles. La seconde pétition, intitulée « liberté pour l’histoire », revendiquait la suppression de toutes les lois mémorielles.

Ces divergences, que certains journaux ont appelé « la querelle des historiens », ont révélé au grand public une réalité qui relève de l’évidence pour tous les universitaires. On peut estimer à 50 000 le nombre des enseignants en histoire et à 1 200 le nombre des universitaires spécialisés dans cette discipline ; sans compter les chercheurs étrangers (notamment américains) qui, dans certains domaines, sont plus nombreux que les Français à étudier l’histoire de France. Notre milieu n’est donc pas plus homogène que le monde politique. Il abrite des enseignants et des chercheurs qui ont des conceptions différentes de leur métier, de la manière de le pratiquer et de ses finalités. L’aspect positif de cette polémique sur les questions mémorielles aura été de faire reconnaître ce pluralisme. 


Je voudrais aborder maintenant les raisons qui peuvent expliquer nos divergences internes au sujet de ces questions. La première d’entre elle tient au fait que le mot « histoire » peut prendre des sens très différents selon les contextes et selon les interlocuteurs. Sans entrer dans les détails, je rappellerai que depuis le début du XIXe siècle, les discours sur le passé se répartissent en deux ensembles : l’histoire-science et l’histoire-mémoire. L’histoire-science cherche à comprendre et à expliquer le passé, alors que l’histoire-mémoire est tournée vers le jugement sur le passé.
En tant que citoyens, nous nous situons tous dans l’histoire-mémoire. Nous voulons entretenir le souvenir de nos proches et défendre la mémoire des groupes auxquels nous appartenons. Le fait de prendre ses distances à l’égard du passé pour tenter de l’expliquer n’est donc pas une démarche naturelle. C’est la raison pour laquelle les Etats-nations, inspirés par l’esprit des Lumières, ont commencé à rémunérer des enseignants-chercheurs ayant pour fonction de produire et de transmettre des connaissances sur le passé qui ne soient plus au service de tel ou tel groupe mémoriel.
En France, c’est la IIIe République qui a mis en œuvre les réformes démocratiques grâce auxquelles les historiens ont pu se constituer en communauté savante. Ces réformes ont renforcé les exigences en matière scientifique : les thèses sont devenues de plus en plus volumineuses, de plus en plus spécialisées, mobilisant une masse d’archives de plus en plus impressionnante.
Mais dans le même temps, les réformes républicaines ont accordé une importance centrale à l’histoire-mémoire sur le plan civique. Les historiens ont été sollicités pour élaborer des programmes d’enseignement et pour participer à des commémorations officielles, dans le but de souder la communauté nationale autour d’une histoire commune. Une double mission a ainsi été assignée à l’enseignement de l’histoire : consolider la mémoire nationale, mais aussi transmettre aux élèves des connaissances et un esprit critique, pour qu’ils deviennent des citoyens autonomes.
En légitimant à la fois l’histoire-science et l’histoire-mémoire, la IIIe République a donc inauguré les problèmes que nous vivons aujourd’hui. Mémoire et histoire sont en effet deux façons complémentaires et contradictoires d’appréhender le passé. Il est donc normal, dans une démocratie, que ces deux discours entrent de temps à autre en conflit.
Le danger survient quand un déséquilibre se produit entre ces deux pôles. Pour les raisons que j’ai évoquées plus haut, l’histoire-mémoire est portée par des forces infiniment plus puissantes que l’histoire-science. Jusqu’ici, l’histoire scientifique n’a jamais été menacée de disparition, mais elle court toujours le risque d’être marginalisée de l’espace public. Ce risque est particulièrement fort d’une part, lorsque les historiens se replient dans leur tour d’ivoire en désertant le débat public et, d’autre part, quand les polémiques mémorielles font la une de l’actualité. Une situation de ce type a déjà eu lieu en France dans les années 1930. A tel point que Marc Bloch disait dans son Apologie pour l’histoire, ouvrage qu’il a écrit pendant la Résistance, que la « manie du jugement » avait tué jusqu’au goût d’expliquer.
Bien que le contexte soit aujourd’hui infiniment moins dramatique, nous vivons actuellement une situation du même genre. La principale différence par rapport aux années 1930 tient au fait que les querelles mémorielles sont désormais constamment alimentées par les médias. La mémoire est devenue un moyen d’attirer l’attention du public. C’est une ressource que mobilisent les élus, les militants, mais aussi les chanteurs, les footballeurs, les animateurs télé, etc. pour se faire connaître et reconnaître. Naturellement, le pouvoir médiatique plébiscite l’histoire-mémoire au détriment de l’histoire-science. L’histoire intéresse surtout les journalistes dans la mesure où elle est spectaculaire, où elle crée la polémique, quand il y a des coupables à dénoncer et des victimes à déplorer. Dans un tel monde, il n’y a pas de place pour la compréhension ou l’explication du passé. C’est pourquoi les jeunes historiens ont de plus en plus de mal à trouver un éditeur pour leur thèse. Pour les gens de ma génération qui ont eu la chance de publier leurs premiers livres à un moment où l’audimat n’avait pas encore imposé sa loi, il est très pénible de voir que les recherches de nos étudiants, souvent de très grande valeur, restent complètement ignorées du public.
C’est pourquoi dans le manifeste que notre Comité de vigilance a diffusé lors de sa création, nous avons insisté sur la nécessité de défendre notre métier contre l’emprise du pouvoir médiatique. Malheureusement, sur ce point nous n’avons guère été suivis.
L’action que nous avons lancée dès le printemps 2005 contre la loi du 23 février 2005 a eu davantage d’impact. Je tiens toutefois à préciser qu’à la différence des collègues qui ont signé la pétition « liberté pour l’histoire » nous n’avons jamais contesté l’idée que les parlementaires puissent légiférer sur le passé. Le Président de la République, Jacques Chirac, a dit à juste titre, lorsqu’il a lancé la procédure qui a abouti au déclassement de l’article 4 de cette loi, que « Dans la République, il n’y a pas d’histoire officielle. Ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire. L’écriture de l’histoire, c’est l’affaire des historiens ».
Nous pensons pour notre part que si ce n’est pas à la loi d’écrire l’histoire, ce n’est pas non plus aux historiens de faire la loi. La mémoire collective est une affaire qui concerne l’ensemble des citoyens et leurs représentants. En tant que citoyens, nous pouvons nous-mêmes bien sûr intervenir sur les questions mémorielles. Mais le fait d’exercer le « métier d’historien » ne nous donne aucune compétence particulière pour dire ce que doit être la mémoire collective. Les problèmes scientifiques que nous nous posons (il suffit de lire les sujets de thèse qui sont donnés chaque année par nos collègues) n’ont, en effet, pratiquement rien à voir avec les polémiques d’actualité.
Affirmer que notre liberté serait mise en danger par la multiplication des lois sur le passé, c’est oublier que l’histoire, et surtout l’histoire contemporaine, a toujours été, indirectement, sous la dépendance de la mémoire. Un grand nombre de nouveaux domaines de la recherche historique, je pense à l’histoire du mouvement ouvrier, l’histoire des femmes, l’histoire de la Shoah, l’histoire de l’immigration, ont été au départ développés par des groupes mémoriels. Les historiens qui sont devenus spécialistes de ces questions, étaient souvent eux-mêmes au départ engagés dans ces enjeux de mémoire, pour des raisons liées à leur propre histoire personnelle.
L’objectivité de l’historien est donc relative, car l’histoire s’écrit toujours à partir d’un point de vue particulier. Il est préférable, selon nous, de le reconnaître, plutôt que de faire croire à une objectivité qui n’est le plus souvent qu’une subjectivité qui s’ignore. Mais cela n’empêche nullement qu’un véritable historien doit nécessairement respecter les trois grandes règles de son métier : la pertinence du questionnement scientifique, le refus des jugements de valeur et la confrontation des sources.

Etant donné que nous-mêmes, en tant qu’historiens, sommes influencés par ces mouvements mémoriels, il nous paraît donc normal que les élus y soient eux aussi sensibles. Que des lois aient été votées pour interdire la propagande des négationnistes, pour reconnaître publiquement les souffrances du peuple arménien ou pour accorder enfin à l’esclavage une véritable place dans la recherche et l’enseignement de l’histoire, nous semble donc légitime. Nous ne voyons pas en quoi notre liberté serait menacée par ces dispositions. On constate d’ailleurs que ceux qui voulaient intenter un procès pour négationnisme à notre collègue de Nantes se sont rapidement rétractés devant le tollé de toute une profession. 


La raison pour laquelle nous nous sommes opposés à la loi du 23 février 2005 tient au fait que son article 4 remettait en cause l’autonomie de notre profession. Cet article disait en effet : « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer ». Le mot « positif » est un jugement de valeur qui impose l’histoire-mémoire au détriment de l’histoire-science, alors que le rôle des enseignants est de faire comprendre et d’expliquer le passé et non de le juger. Par cet article 4, l’Etat contribuait ainsi à introduire les querelles mémorielles dans les salles de classes.

Je précise, pour que les choses soient claires, que l’analyse critique que nous mettons en œuvre dans nos recherches est une démarche à caractère rationnel, qui est nécessaire si l’on veut expliquer les phénomènes historiques. Comme la montré notamment Marc Bloch, la réflexion critique est une dimension fondamentale du travail de l’historien. Cela n’a rien à voir avec le fait d’aimer ou de détester la France. 


Pour conclure cette introduction, je voudrais dire un mot sur mon expérience concernant l’histoire et la mémoire de l’immigration. Je pense que nous aurons l’occasion d’y revenir dans la discussion. Depuis les années 1980, je me suis beaucoup investi en effet pour que l’Etat français reconnaisse le rôle fondamental joué par l’immigration dans l’histoire contemporaine de la France. J’ai participé à plusieurs commissions sur l’enseignement de cette histoire et j’ai été parmi les fondateurs de la CNHI. Néanmoins, j’ai toujours été très prudent avec cette notion de « devoir de mémoire ». J’ai rencontré en effet dans mes recherches et dans mes activités civiques sur cette question beaucoup de personnes, issues de l’immigration, qui ne tenaient nullement à ce que cette partie de leur passé soit exhibée publiquement. En Lorraine, dans les milieux ouvriers que j’ai beaucoup fréquentés, un grand nombre de personnes d’origine italienne, polonaise ou algérienne se définissaient avant tout comme sidérurgistes lorrains et célébrait la mémoire du mouvement ouvrier (le premier mai, la Commune de paris etc.) et non pas la mémoire de leur groupe d’origine.
Chaque être humain est formé d’un grand nombre de facteurs identitaires, et se situe au croisement de plusieurs histoires. J’ai conçu mon engagement en faveur de la mémoire de l’immigration comme un moyen d’élargir l’éventail des choix possibles en matière de mémoire, une liberté supplémentaire accordée aux citoyens et non pas comme une sorte d’assignation mémorielle. Le devoir de mémoire ne doit pas, en effet, occulter le droit à l’oubli.

Voilà ce que je voulais dire dans cet exposé liminaire. Je vous remercie de votre attention. 



Gérard Noiriel



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L’audition du 30 mai est en ligne sur le site de La Chaîne parlementaire :

vendredi 9 mars 2007

A propos de l’abrogation partielle de la loi du 23 février 2005 par Gérard Noiriel (EHESS)


Le Président de la République a annoncé, il y a quelques jours, que, suite aux propositions faites par le président de l’Assemblée nationale, il souhaitait que "le Conseil Constitutionnel, saisi par le Premier ministre en application de l’article 37 alinéa 2 de la Constitution, puisse se prononcer sur le caractère réglementaire du deuxième alinéa de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 en vue de sa suppression".
Le CVUH ne peut que se réjouir de cette initiative. Elle montre que nous avons eu raison de nous mobiliser dès le printemps dernier contre une loi qui marquait l’intrusion directe du pouvoir politique dans la recherche et l’enseignement de l’histoire. La mobilisation d’enseignants et chercheurs de diverses branches des sciences sociales, du milieu associatif et politique, a permis d’aboutir à ce premier résultat. Mais nous n’oublions pas pour autant que plusieurs autres articles de la loi du 23 février 2005 posent problèmes du point de vue des rapports entre histoire et mémoire.
Il faut surtout insister sur le fait que le CVUH ne détermine pas son action en fonction de l’actualité politique. La loi du 23 février 2005 n’était pour nous qu’un exemple d’un problème beaucoup plus général concernant l’instrumentalisation de l’histoire dans la France d’aujourd’hui. Nous sommes plus que jamais convaincus qu’il faut engager une réflexion et une action collectives de longue haleine, pour comprendre et combattre ces usages mémoriels.
La journée de réflexion que nous allons tenir à la Sorbonne le samedi 4 mars 2006, permettra de faire le point sur l’action de notre mouvement tout en proposant un premier examen des différentes facettes du problème.

La mémoire de la colonisation, de l’esclavage et les lois mémorielles par Gilles Manceron (LDH)


Confronté à la vive contestation suscitée par la loi du 23 février 2005, dont l’article 4 enjoignait aux enseignants de présenter le «  rôle positif » de la colonisation, le président de la République a affirmé le 4 janvier que cet article qui « divise les Français » devait « être réécrit ». Deux semaines plus tard, il décidait de demander au Conseil constitutionnel de retirer de la loi l’alinéa le plus controversé - l’alinéa 2 de l’article 4. La procédure choisie ménageait sa majorité parlementaire en ne lui soumettant pas de nouveau une loi qu’elle avait non seulement adoptée mais aussi refusé d’amender fin novembre 2005 quand l’opposition le lui demandait.
L’objectif central de la mobilisation était atteint, même si d’autres dispositions restaient critiquables, comme l’article 3 qui, s’il était mis en oeuvre, menacerait l’autonomie de la recherche en créant une «  Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats d’Afrique du Nord » sous la coupe de lobbies nostalgiques de l’Algérie française. Et même si la loi avait eu, d’ores et déjà, des effets néfastes : dans une lettre du 6 février au ministre de l’Education nationale, le président de la LDH a protesté contre les instructions données aux éditeurs et qui avaient eu des conséquences sur certains manuels, par un groupe de travail associant des représentants de rapatriés à l’Inspection générale de l’Éducation nationale et constitué dès novembre 2003 dans le but proclamé par le ministre des anciens combattants Hamlaoui Mekachera : « L’Éducation nationale devra se mettre au diapason »... (1)
Par ailleurs, estimant que ce retrait ne saurait être mis à profit pour escamoter des débats nécessaires sur la colonisation et la question des lois mémorielles, la LDH a organisé 23 février 2006, avec la Ligue de l’enseignement, l’Appel des historiens contre la loi du 23 février 2005, et d’autres partenaires (2), une Journée de réflexion intitulée Un an après la loi du 23 février 2005. Légiférer sur le passé ? (3) Une réflexion d’autant plus nécessaire qu’un appel paru dans Libération du 13 décembre 2005 avait élargi le débat aux autres lois mémorielles en demandant l’abrogation, au même titre, des lois Gayssot, Taubira et sur le génocide arménien. Henri Leclerc, président d’honneur de la LDH, analysant ces différentes lois, a rappelé son opposition, en 1990, à la création par la loi Gayssot d’un délit de négation des crimes nazis, persuadée qu’il n’était pas nécessaire à la condamnation des négationnistes ; mais il a aussi fait remarquer que cette loi, depuis seize ans, n’a entravé aucune recherche historique et que, malgré elle, nul historien contestant des faits relatifs à la Shoah considérés jusqu’ici comme acquis ne pourrait être poursuivi ni condamné s’il s’est livré de bonne foi à un travail de recherche historique utilisant honnêtement les instruments scientifiques disponibles. Cela en raison même de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme signée par la France, qui ne prévoit de restriction possible à la liberté d’expression que si elle est « nécessaire dans une société démocratique », et de la jurisprudence de la Cour européenne chargée de l’appliquer qui considère que « la recherche de la vérité historique fait partie intégrante de la liberté d’expression ». Les publications ou propos négationnistes condamnés au titre de cette loi n’étaient en aucun cas le fruit de recherches historiques.
Les lois reconnaissant le génocide arménien et l’esclavage comme crime contre l’humanité ne prévoient, elles, aucune sanction, et aucune condamnation n’est intervenue en se fondant sur elles, même si certaines poursuites devant des tribunaux civils les ont invoquées dans leur plaintes, ce qui est différent.
Pour la LDH, il n’existe aucune raison d’abroger la loi du 30 janvier 2001 disant que « La France reconnaît publiquement le génocide arménien de 1915 », texte déclaratif dont il ne résulte aucune obligation particulière - un peu comme la loi du 18 octobre 1999 qui a substitué le qualificatif de « guerre d’Algérie » aux termes employés antérieurement. Au moment où s’esquissait l’entrée de la Turquie dans l’Europe, dont l’attitude négationniste est inadmissible, il paraissait indispensable que la France dise officiellement aux Arméniens français qu’elle savait ce que fut le martyr de leur peuple, qualifié de « crime contre l’humanité » à l’époque même où il a été commis. En revanche, la LDH s’oppose aux propositions de loi, telle celle adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 12 octobre (alors que 109 députés sur 577 l’ont votée...) de pénaliser la contestation de ce génocide, la liberté d’expression devant rester la règle, d’autant que cette question est, malheureusement, moins bien documentée historiquement que la Shoah - les obstacles opposés par la Turquie à l’accès aux archives y étant pour beaucoup -, d’où la nécessité d’un large débat ; et parce qu’elle ne pose pas les mêmes problèmes spécifiques relatifs au maintien de l’ordre public que ceux qu’impose la nécessité de réagir à cet avatar de l’appel à la haine antisémite bimillénaire qu’est la négation de la Shoah.
La loi Taubira du 21 mai 2001 qualifiant l’esclavage de crime contre l’humanité, après le Code pénal (article 212-1), ne désigne, certes, que la traite négrière française et européenne, mais sans qu’on puisse en déduire une quelconque exonération des autres pratiques d’esclavage ailleurs qu’en Europe. Elle ne fonde aucune demande de réparation, qui serait une absurdité juridique puisque la responsabilité pénale est individuelle, y compris en matière de crimes contre l’humanité, et ne peut concerner que des personnes vivantes ; et que la République qui a aboli l’esclavage ne peut être tenue responsable du Code noir de Colbert - situation incontestablement différente de la continuité de l’Etat français sous Vichy. Et si son article 4 parle aussi de la place de cette question dans les programmes scolaires - qui relève normalement non de la loi mais du règlement -, c’est sans autre consigne que de ne pas en négliger l’importance.
En définitive, pour la LDH, même si les lois Gayssot, sur le génocide arménien et Taubira présentent sûrement des défauts et des risques, il ne s’agit pas de demander leur abrogation, chacune ayant répondu à des demandes légitimes et rempli des fonctions essentielles, mais de s’opposer à tout ajout de lois nouvelles qui pourraient entraver la recherche historique. 30 janvier : le chef de l’État annonce que le 10 mai sera chaque année une Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, reprenant la proposition du rapport du Comité pour la mémoire de l’esclavage présidé par Maryse Condé.
Quant aux efforts pour mettre fin de l’occultation de l’histoire coloniale, y compris de sa première phase liée à l’esclavage - que la «  Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions » fixée par le chef de l’État au 10 mai de chaque année pourrait aider -, ils doivent être poursuivis. En dépit de l’accusation de prôner la repentance portée de manière inexacte et malhonnête contre ceux qui les réclament, il ne s’agit en réalité que d’une exigence de vérité et de justice, impliquant un travail historique libre, à l’écart de toute approximation démagogique et de toute concurrence des mémoires (4).


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Notes :

(1) Déclaration dans Le Figaro du 11 mars 2004. Voir en ligne
(2) Voir en ligne
(3) A la Faculté Jussieu à Paris, en même temps que paraissait l’ouvrage La colonisation, la loi et l’histoire, dirigé par Claude Liauzu et Gilles Manceron, aux éditions Syllepse.
(4) Le site de la section LDH de Toulon offre un grand nombre de d ?éléments et de contributions sur ces questions.

jeudi 8 mars 2007

Pétition : Nous n’appliquerons pas l’article 4 de la loi du 23 février 2005.


Nous n’appliquerons pas l’article 4 de la loi du 23 février 2005 stipulant que « les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif » de la colonisation.
Les députés de la majorité ont refusé le 29 novembre d’abroger cet article. Ce qui avait été adopté par une assemblée quasi déserte, en catimini, vient d’être confirmé en toute connaissance de cause. La pétition des historiens contre la loi, publiée par Le Monde du 21 mars, a été à l’origine d’un mouvement de protestation représentatif de la majorité des enseignants et des chercheurs. La demande d’abrogation a été faite aussi par l’Association des professeurs d’Histoire et Géographie, par les syndicats enseignants, par les associations telles que la LDH et la LEFP. La presse s’en est fait l’écho et a ouvert un débat depuis plusieurs mois. Le gouvernement, en particulier son ministre de l’Education nationale, qui affirme que les programmes demeurent inchangés, le Président de la République, qui parle de « grosse connerie », mesurent la gravité de la situation ainsi créée, le gâchis qu’ils ont laissé devenir insoluble :
    - Une loi qui ne peut être appliquée, mais dont on ne peut obtenir l’abrogation.
    - Une loi qui compromet le traité franco-algérien de paix et d’amitié en préparation, alors que des liens étroits et anciens associent les deux sociétés
    - Une loi privant de tout passé des millions d’habitants de ce pays, nationaux ou étrangers, qui ne se reconnaissent pas dans cette falsification de l’histoire
    - Une loi qui impose une histoire officielle et nie la liberté des enseignants, le respect des élèves. Cette loi permettra, à l’évidence, à des groupes de pression d’intervenir contre les manuels scolaires et les enseignants qu’ils jugeraient non conformes à l’article 4.


Cette loi, imposée par des groupes de pression nostalgiques du colonialisme et revanchards, nourris d’une culture d’extrême droite, est une loi de régression culturelle en ce début de 21° siècle où toutes les sociétés doivent relever le défi de leur mondialisation, assumer leur pluralité, qui est une richesse.
Cette loi discrédite et ridiculise l’image de la société française à l’étranger et le communautarisme chauvin qui l’inspire ne peut que favoriser des réactions de rejet. Présente dans le droit français, elle reste une menace pour l’avenir : si le gouvernement actuel promet d’en limiter la portée, qu’en sera-t-il de ses successeurs ?

Universitaires, chercheurs, enseignants, nous n’appliquerons pas cette loi scélérate et continuons d’en demander l’abrogation de son article 4.
Nous demandons aux institutions universitaires, aux IUFM, aux associations professionnelles, aux syndicats d’enseignants, aux parents d’élèves d’organiser un vaste mouvement de protestation.

mardi 6 février 2007

Manifiesto del Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (Comité de vigilancia frente al uso público de la historia) - 17 de junio de 2005

Nuestra principal función como investigadores y profesores de historia consiste en elaborar y transmitir conocimientos rigurosos sobre el pasado. Dichos conocimientos son el resultado de un análisis crítico de las fuentes disponibles y responden a cuestiones cuya finalidad es ofrecer una mejor comprensión de los fenómenos históricos, no juzgarlos. Sin embargo, los historiadores no viven en una torre de marfil. Desde el siglo XIX, el contexto político y social ha desempeñado un papel esencial en la evolución de sus objetos de estudio. Las luchas obreras, el movimiento feminista y la movilización colectiva contra el racismo, el antisemitismo y la colonización han incitado a algunos de ellos a interesarse por los «excluidos» de la historia oficial, incluso si Francia sigue estando a la zaga en este proceso de cambio.

Existe por lo tanto una estrecha relación entre la investigación histórica y la memoria colectiva, pero esas dos formas de entender el pasado no deben confundirse. Si bien es normal que los actores de la vida pública tengan cierta inclinación a buscar en la historia argumentos que justifiquen sus causas o intereses, nosotros, como profesores e investigadores, no podemos aceptar que el pasado se instrumentalice. Debemos esforzarnos para poner a disposición de todos los conocimientos y cuestionamientos que puedan contribuir a que se alcance una mejor comprensión de la historia. Se trata de alimentar el pensamiento crítico de los ciudadanos y, al mismo tiempo, proporcionarles elementos que les permitan enriquecer su propia opinión política, en lugar de hablar por ellos.

Las actuales problemáticas de la memoria

En el último siglo, han sido numerosos los intentos de poner la historia al servicio de la política. El nacionalismo y el estalinismo mostraron que cuando los historiadores y, además de ellos, el conjunto de los intelectuales, renunciaban a defender la autonomía del pensamiento crítico, las consecuencias para la democracia solamente podían ser desastrosas. En los últimos años, las manipulaciones del pasado se han multiplicado. Los «negacionistas», esos «asesinos de la memoria» (Pierre Vidal Naquet), han tratado de deformar la historia del Holocausto para apoyar las tesis de la extrema derecha. Hoy, la principal problemática afecta a la cuestión colonial. En varios municipios del sur de Francia, han aparecido estelas y placas que ensalzan a activistas de la OAS, personas que sin embargo la justicia ha condenado por sus actividades antirrepublicanas. Recientemente, el gobierno no ha dudado en aprobar una ley que exige a los profesores que insistan en «el papel positivo» de la colonización (ley de 23 de febrero de 2005).
Dicha ley no solo es inquietante porque tras ella subyace una visión conservadora del pasado colonial, sino también porque traduce el profundo desprecio del poder hacia los pueblos colonizados y el trabajo de los historiadores. Dicha ley refleja una tendencia mucho más general. La creciente intervención del poder político y los medios de comunicación en las cuestiones de orden histórico tiende a imponer juicios de valor en detrimento del análisis crítico de los fenómenos. 


Las polémicas sobre la memoria se multiplican y presentan un cariz cada vez más malsano. Algunos no dudan en establecer macabros palmareses con el objetivo de jerarquizar a las víctimas de las atrocidades de la historia, o incluso de enfrentar a las víctimas entre sí. Implicados en la lucha contra las injusticias y las desigualdades de la Francia actual, algunos militantes han llegado a colocarse en el terreno de sus adversarios, al confundir las polémicas sobre el pasado con las luchas sociales de hoy. Presentar a los olvidados de la sociedad capitalista actual como «indígenas de la República» implica razonar sobre el presente con las categorías del pasado, caer en la trampa de aquellos que tienen un interés especial en ocultar los problemas fundamentales de la sociedad francesa reduciéndolos a cuestiones de memoria.

Existen otros muchos ámbitos en los que los historiadores se enfrentan a estas lógicas partidistas. Los cada vez más numerosos «lugares de memoria» que denuncian los «horrores de la guerra» o ensalzan «la cultura de empresa» tienden a imponer una visión consensuada de la historia que oculta los conflictos, la dominación, las revueltas y las resistencias. Los debates de actualidad ignoran los avances de la investigación histórica y suelen contentarse con oponer un «pasado» adornado con todas las virtudes a un presente inquietante y amenazador: «Antiguamente, los inmigrantes respetaban “nuestras” tradiciones porque querían “integrarse”. Hoy en día, nos amenazan y viven encerrados en sus comunidades. Antes, los obreros luchaban por buenas razones, hoy solamente piensan en defender intereses “corporativistas”, animados por intelectuales “populistas” e irresponsables».

Estamos cansados de que se nos requiera constantemente para establecer balances sobre los aspectos «positivos» o «negativos» de la historia. Nos negamos a ser utilizados con vistas a arbitrar las polémicas sobre las «verdaderas» víctimas de las atrocidades del pasado. Esos discursos no tienen en cuenta ni la complejidad de los procesos históricos, ni el auténtico papel desempeñado por sus protagonistas, ni las relaciones de poder de la época. Al final, los ciudadanos que se interesan por problemas que en algunos casos les han afectado directamente (a ellos o a su familia) se ven privados de las herramientas que les permitirían comprenderlos.


La necesidad de una acción colectiva

Si bien es cierto que algunos historiadores llevan mucho tiempo alertando sobre la situación en libros o artículos de prensa, esas reacciones individuales son, hoy en día, insuficientes. La información convertida en espectáculo y la obsesión por los niveles de audiencia empujan constantemente al exceso. Se da prioridad a los provocadores y a los animadores en detrimento de los historiadores que han llevado a cabo investigaciones profundas donde se tiene en cuenta la complejidad de la realidad. Para resistir eficazmente a estas iniciativas, es necesario actuar de forma colectiva. Por eso, invitamos a todos aquellos que se niegan a que la historia sea arrojada a los emprendedores de la memoria a unirse a nuestro Comité de vigilancia. Dos ámbitos de reflexión y de acción nos parecen prioritarios:
1. La enseñanza de la historia. El actual debate sobre la historia colonial refleja un malestar mucho más general sobre la enseñanza de nuestra disciplina, así como el enorme desfase existente entre los avances de la investigación y el contenido de los programas. Habría que empezar analizando cuál es la situación para reducir el abismo entre investigación y enseñanza, reflexionar sobre una elaboración más democrática y transparente de los programas, con el fin de que las diferentes corrientes de la investigación histórica sean tratadas de forma equitativa.
2. La utilización de la historia en el espacio público. Es evidente que nuestra función no es la de gobernar la memoria. No nos consideramos expertos en posesión de la Verdad sobre el pasado. Nuestro objetivo es simplemente conseguir que los conocimientos y los cuestionamientos que producimos estén al alcance de todos. Para ello, es necesario emprender una amplia reflexión sobre el uso público de la historia, así como proponer soluciones que permitan resistir de forma más eficaz frente a las tentativas de instrumentalización del pasado.

历史的公共用途警觉委员会宣言 (二零零五年六月十七日)


请上网查看 http://cvuh.blogspot.fr/
历史的公共用途警觉委员会宣言
(二零零五年六月十七日)
作为历史研究人员和教师,我们的主要职责包括著述和传授历史方面严谨的知识;对现
有的原始资料进行批判性的分析,解答疑问,旨在更好地了解历史现象,而不是评判历
史现象。但历史学家并非生活在象牙塔里。自19世纪以来,政治和社会背景对历史学家
的研究方式起到了至关重要的作用。工人运动,女权运动,反对种族主义、犹太主
义和殖民统治的集体运动,令一部分历史学家对官方历史“排除在外的人和事”很
感兴趣,但法国并未出现多少这方面的转变。
因此,历史研究和集体记忆之间有着密切的联系,但不能混淆这两种理解历史的
方式。社会活动家们倾向于在历史事件中提取论据为他们各自的目的或利益服务
如果说他们这样做是正常的话,而作为历史教师-研究人员,我们绝不能允许将
历史工具化。我们应该尽力为每个人提供有利于更好地了解历史的知识和疑问,
以此培养公民的判断力,向他们提供可以充实他们自己的政治判断的素材,而不
是替他们说话。
当前记忆方面的问题
一个多世纪以来,出现过多次试图将历史为政治服务的尝试。民族主义和斯大林
主义已经证明,当历史学家甚至整个知识分子界同时放弃保护批判性思维的自主
性,对民主而言,其后果只能是灾难性。在最近一段时期,篡改历史的事件层出
不穷,那些“对纳粹瓦斯毒气室的存在持否定态度的人”,那些“往事杀手”(皮埃
尔·维达尔 - 纳杰)试图歪曲大屠杀的历史为极右派的观点提供论据。当前的主要
问题是关于殖民地的问题。在法国南部的几个城镇,出现了一些纪念秘密军
(OAS) 激进分子的石碑和徽章,而这个组织的活动早已被司法判处是反对共和党
的。最近(二零零五年二月二十三日),政府毫不犹豫地通过一项法律,要求教
师强调殖民统治的“积极作用”。
令人担忧的是,该法律不仅以保守的眼光成为殖民地历史的基础法律,而且它表

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达了当局对殖民地人民和历史学家的工作的极端蔑视。该法律反映了另一更为普
遍的倾向,即政治权力和媒体对历史范畴的干预越来越多,他们力图强加价值判
断而牺牲对现象的批判性分析。这类关于往事记忆的论战越来越多,而且越来越
不健康。有些人竟毫不犹豫地建起了恐怖排行榜,目的是将历史暴行的受害者分
成等级,甚至在受害者之间进行比较。一些致力于打击法国目前的不公正和不平
等的活动家甚至站在对手的立场上,将对历史问题的辩论与如今的社会斗争混为
一谈,将当前资本主义社会被遗弃的人说成是“共和国的土著人”。用过去的社会
等级对现时进行思考,这就陷入了那些为隐瞒法国社会根本问题感兴趣的人的陷
阱,将法国社会的根本问题说成是历史记忆方面的问题。
历史学家在很多其它领域要面对这些党派的逻辑。越来越多揭露“战争的恐怖”或
颂扬“企业文化”的“记忆之场所”,力图强加一种掩盖冲突、统治、反叛和抵抗的
历史共见。当前的辩论忽视了历史研究的成果,经常只是用所有美德美化的“过
去”对令人担忧和危险的现在提出异议:“过去,移民尊重“我们”的传统,因为他
们要“融入”,如今,他们威胁我们,合伙住在他们的社区;过去,工人进行斗争
的理由很充分,如今他们受“民粹主义”和不负责任的知识分子的煽动,只想捍卫
“行会”的利益”。
我们被不断地要求对历史“积极”或“消极”的方面做一个总结。我们拒绝被用来仲
裁那些关于过去暴行的“真实”受害者的论战。这些言论即没有考虑历史进程的复
杂性,也没有考虑到社会各方所扮演的真正角色,或当局在那一时期的得失。总
之,那些对有时直接影响到他们(自己或家人)的问题提出疑问的公民,却被剥
夺了能使他们了解真相的工具。
集体行动的必要性
确实,我们中的一些人在很久以前就在书籍或报纸上发表的文章中敲响了警钟。
但是,这些个别的反应在今天是不够的。景观视觉信息和对收视率的追求不断对
信息进行炒作、夸张,抬高了那些故意煽动肇事的人和活跃气氛的主持人们的身
价,而不利于史学家在进行深入研究历史时考虑到现实的复杂性。为了有效地抵
制这类传播手段,我们需要采取集体行动。这就是为什么我们邀请所有拒绝历史
为改变记忆提供资料的人加入到我们的警觉委员会中来。


对我们而言,以下两个思考和行动的领域显得颇为重要 :
1,历史教学。当前对殖民历史的辩论,说明了在我们的学科教学以及科研的进
展和教学大纲内容之间的巨大差距方面存在着非常普遍的难言之隐。我们首先应
该制订一份目前形势分析的清单,以减少研究和教学之间的差距,研究制定出一
个更加民主和透明的教学大纲,公正地对待各个不同的历史研究方向。
2,在公共空间的历史的用途。不言而喻,我们不是要对记忆进行严格控制。我
们不认为自己是掌握历史真相的专家。我们的目标只是为所有人提供我们所掌握
的知识和提出的问题。要做到这一点,就需要展开对历史的公共用途的广泛反思
为能够有效地抵御那些将历史工具化的企图提供方案。


Manifesto of the Comité de Vigilance face aux usages publics de l’histoire (Committee of vigilance on the public use of history), June 17th 2005

As researchers and teachers in history, our main role consists in elaborating and transmitting rigorous knowledges on the past. They result from a critical analysis of the available sources, and respond questions that aim to offer a better understanding of historic phenomena and not to judge them. But historians do not live in an ivory tower. Since the 19th century, the political and social context has played an essential role in the renewal of the objects of study. The fights of workers, the feminist movement, the collective mobilisation against racism, antisemitism and colonization encouraged some of them to take an interest in the “castaways” of the official history, even though France still lags behind in those transformations.

Therefore there is a narrow link between historical research and collective memory, but those two ways of comprehending the past cannot be merged. If it is normal that actors in the public life be inclined to draw arguments from history to justify their causes or interests, as academic lecturers and professors we cannot accept to make a tool of the past. We have to strive for letting at the disposal of everybody the knowledge and questionings likely to favour a better understanding of history, so as to feed the critical thinking of citizens, while providing them with the elements that will allow them to enrich their own political judgement, instead of speaking in their place.


Memory issues today

There have been multiple attempts aiming at using history to the profit of politics. Nationalism and Stalinism have shown that when historians and, beyond them, the whole group of intellectuals relinquished to the defense of the autonomy of critical thinking, the consequences could only be disastrous for the democracy. During the recent period, the manipulations of the past increased. The “Holocaust deniers”, those “assasins of memory” (Pierre Vidal-Naquet), have sought to distort the history of the Holocaust in order to serve the thesis of the extreme right. Today the main issue concerns the colonial question. In several towns in the South of France, some steles and plates appeared to celebrate the activists of the OAS (Secret Army Organisation) who were yet sentenced by the justice for their anti-republican activities. Very recently, the government did not hesitate to pass a law (February 23rd 2005) demanding from the teachers that they stress the “positive role” of the colonization.
This law is not only worrying because it is underlied by a conservative vision of the colonial past, but also because it conveys the deep contempt of the authorities for the colonised people and for the work of historians. This law reflects a tendancy much more general. The increasing intervention of the political power and of the Medias in historical issues tends to impose value judgments to the detriment of the critical analysis of the phenomena.

The polemics on memory grow in number and become more and more unwholesome. Some people do not hesitate to establish macabre records, aiming at organizing into a hierarchy the victims of the atrocities of history, or even to confront the victims to each others. We even see some activists, anxious to fight injustice and inequalities in present days France, to place themselves on the ground of their opponents by mixing up the polemics on the past and the social struggles of today. Presenting the castaways of the present capitalist society like “Indigenous of the Republic”, is reasoning on the present with the categories of yesterday, it is like being trapped by the ones who have in their interest to conceal the fundamental problems of the French society, by reducing them to memory issues.

There are many other fields where historians are confronted with these partisan logics. The increasing number of “places of memory” denouncing the “horrors of the war” or celebrating “the enterprise culture” tends to impose a consensual vision of history, that masks conflicts, domination, revolts and resistances. The current debates ignore the acquired knowledge in historical research and generally just set a “past” invested with all the virtues against a worrying and threatening present: “In the old days, immigrants respected “our” traditions because they wanted to “integrate”. Nowadays, they threathen us and live in their communities. Before, workers fought for good reasons, nowadays they only think of defending “corporatist” interests, encouraged by “populist” and irresponsible intellectuals.”

We have had enough of being constantly asked to detail all the “positive” or “negative” aspects of history. We refuse to be used to arbitrate the polemics on the “true” victims of the atrocities of the past. Those views do not take into account the complexity of historical processes, neither the role the actors really played, or what was as at stake for the authorities at that moment. After all is said and done, the citizens who wonder about problems that sometimes affected them (themselves or their family), are deprived from the tools that would allow them to understand.



The necessity of collective action

It is true that several of us rang the alarm bell a long time ago in books or articles in newspapers. But those individual reactions are insufficient now. The news presented as a show and the obsession for the audience rating constantly push to escalation, they promote agitators and public entertainers to the detriment of historians who researched a topic in-depth, taking into account the complexity of the real. In order to resist efficiently to those enterprises, we need to act collectively. That is why we invite all those who refuse that history be thrown to the memory entrepreneurs to join the Committee of vigilance.
Two fields of reflection and action seem to have priority for us:
1. The teaching of history. The present debate on colonial history illustrates a far more general unrest regarding the teaching of our discipline, and the terrible discrepancy between the advances of the research and the content of the syllabus.
We should begin by drawing up an inventory, in order to reduce the gap between research and teaching, to reflect on a more democratic and transparent development of the syllabus so that one can deal more equitably with the different trends in the historical research.
2. The uses of history in the public space. It goes without saying that our role is not to regiment memory. We do not consider ourselves as experts who would possess the truth on the past. Our aim is simply to ensure that the knowledges and questionings we produce be available for everybody. To do so, we need to open a large reflection on the public uses of history, and to propose solutions that will allow us to resist efficiently to the ones who try to make a tool of the past.

Manifesto del Comitato di Vigilanza di fronte agli usi pubblici della storia del 17 giugno 2005


Come ricercatori e insegnanti di storia, il nostro ruolo principale consiste nell’elaborare e trasmettere delle conoscenze rigorose sul passato. Esse  risultano da un’analisi critica delle fonti disponibili, e rispondono a delle domande finalizzate a comprendere meglio i fenomeni storici e non a giudicarli. Ma gli storici non vivono in una torre d’avorio. Dal XIX secolo il contesto politico e sociale ha giocato un ruolo essenziale nel rinnovamento dei loro oggetti di studio. Le lotte operaie, il movimento femminista, la mobilitazione collettiva contro il razzismo, l’antisemitismo e la colonizzazione hanno incitato alcuni di loro a interessarsi agli «esclusi» della storia ufficiale, anche se la Francia è rimasta indietro rispetto a questi mutamenti.
Vi è dunque uno stretto rapporto tra la ricerca storica e la memoria collettiva, ma questi due modi di comprendere il passato non possono essere confusi. Se è normale che gli attori della vita pubblica siano inclini ad attingere dalla storia degli argomenti che giustifichino le loro cause o i loro interessi, noi, in qualità di insegnanti-ricercatori, non possiamo ammettere la strumentalizzazione del passato. Dobbiamo sforzarci di mettere a disposizione di tutti le conoscenze e gli interrogativi suscettibili di favorire una migliore comprensione della storia, di modo da nutrire lo spirito critico dei cittadini, fornendogli al tempo stesso degli elementi che gli permettanodi arricchire il proprio giudizio politicoinvece di parlare al posto loro.
I problemi di memoria oggi
I tentativi tendenti a mettere la storia al servizio della politica sono stati numerosi da un secolo a questa parte. Il nazionalismo e lo stalinismo hanno mostrato che quando gli storici e, più ampiamente, l’insieme degli intellettuali rinunciavano a difendere l’autonomia del pensiero critico, le conseguenze non potevano che essere disastrose per la democrazia. Nel corso dell’ultimo periodo le manipolazioni del passato si sono moltiplicate. I «negazionisti», questi «assassini della memoria» (Pierre VidalNaquet), hanno cercato di travestire la storia della Shoah per servire le tesi dell’estrema destra. Oggi, il problema principale concerne la questione coloniale. In parecchi comuni del sud della Francia hanno fatto apparizione delle steli e delle targhecelebranti le attività dell’OAS, che sono state nondimeno condannate dalla giustizia per le loro attività antirepubblicane. Recentemente, il governo non ha esitato ad adottare una legge (23 febbraio 2005) che esige che gli insegnanti insistano sul «ruolo positivo» della colonizzazione.
Questa legge è inquietante non solo perché è sostenuta da una visione conservatrice del passato coloniale, ma anche perché traduce il profondo disprezzo del potere nei confronti dei popoli colonizzati e del lavoro degli storici. Questa legge riflette una tendenza molto più generale. L’intervento crescente del potere politico e dei media in delle questioni di ordine storico tende a imporre dei giudizi di valore a scapito dell’analisi critica dei fenomeni. Le polemiche sulla memoria si moltiplicano e prendono una piega sempre più malsana.  Alcuni non esitano a istituire dei macabri albi d’onore, tendenti a gerarchizzare le vittime delle atrocità della storia, e perfino a opporre tra loro le vittime. Si vedono anche dei militanti, interessati a combattere le ingiustizie e le inuguaglianze della Francia attuale, disporsi sul terreno dei loro avversari, confondendo le polemiche sul passato e le lotte sociali di oggi. Presentare i marginalizzati della società capitalista attuale come degli «indigeni della Repubblica», significa ragionare sul presente con le categorie di ieri, significa lasciarsi intrappolare da coloro che hanno interesse a occultare i problemi fondamentali della società francese riducendoli a dei problemi di memoria.
Esistono molti altri ambiti in cui gli storici sono confrontati a questi logici partigiani. La moltiplicazione dei “luoghi di memoria” che denunciano gli “orrori della guerra” o che celebrano “la cultura d’impresa” tende a imporre una visione consensuale della storia, che occulta i conflitti, la dominazione, le rivolte e le resistenze. I dibattiti di attualità ignorano i profitti della ricerca storica e si accontentano, il più delle volte, di opporre un “passato” ornato da tutte le virtù, a un presente inquietante e minaccioso: “Una volta, gli immigrati rispettavano le “nostre” tradizioni perché si volevano “integrare”. Oggi ci minacciano e vivono ritirati nelle loro comunità. Una volta, gli operai lottavano per delle buone ragioni, oggi non pensano che a difendere degli interessi “corporativi”, incoraggiati da intellettuali “populisti” e irresponsabili”.
Ne abbiamo abbastanza di essere costantemente obbligati a redigere dei bilanci sugli aspetti “positivi” o “negativi” della storia. Ci rifiutiamo di essere utilizzati al fine di arbitrare le polemiche sulle “vere” vittime delle atrocità del passato. Questi discorsi non tengono conto né della complessità dei processi storici, né del ruolo reale che hanno giocato gli attori, né dei problemi di potere del momento. In fin dei conti, i cittadini che si interrogano su dei problemi che talora li hanno (loro o la loro famiglia)coinvolti in prima persona sono privati degli strumenti che gli permetterebbero di comprenderli.

La necessità dell’azione collettiva
È vero che una buona parte di noi ha lanciato da molto tempo l’allarme sui libri o sugli articoli di giornale. Ma queste reazioni individuali sono oggi insufficienti. L’informazione-spettacolo e l’ossessione dell’auditel spingono costantemente al rilancio, valorizzando i provocatori e gli intrattenitori pubblici, a scapito degli storici che hanno realizzato delle ricerche approfondite prendendo in conto la complessità del reale. Per resistere efficacemente a queste aziende, bisogna dunque agire in maniera collettiva. È la ragione per la quale noi chiamiamo tutti quelli che non vogliono che la storia sia data in pasto agli imprenditori di memoria a unirsi al nostro Comitato di vigilanza. Due ambiti di riflessione e di azione ci sembrano prioritari:
  1.    L’insegnamento della storia. Il dibattito attuale sulla storia coloniale illustra un malessere molto più generale concernente l’insegnamento della nostra disciplina e l’enorme scarto che esiste tra i progressi della ricerca e il contenuto dei programmi. Bisognerebbe cominciare dallo stabilire un inventario per ridurre il fossato tra ricerca e insegnamento, riflettere su un’elaborazione più democratica e trasparente dei programmi, perché le differenti correnti della ricerca storica siano trattate in modo equo.
  2. Gli usi della storia nello spazio pubblico. Va da sé che il nostro ruolo non è di spadroneggiare sulla memoria, noi non ci consideriamo gli esperti che deterrebbero la Verità sul passato. Il nostro scopo è unicamente quello di fare in modo che le conoscenze e gli interrogativi che noi produciamo siano messi a disposizione di tutti. Per questo bisogna aprire una vasta riflessione sugli usi pubblici della storia e proporre delle soluzioni che permetteranno di resistere più efficacemente ai tentativi di strumentalizzazione del passato.


Manifesto do Comitê de Vigilância referente aos usos públicos da História, 17 de junho de 2005


Como pesquisadores e professores de história, nosso papel principal consiste em elaborar e em transmitir conhecimentos rigorosos sobre o passado. Tais conhecimentos resultam de uma análise crítica das fontes disponíveis  e responde às questões cujo objetivo principal é de melhor compreender os fenômenos históricos e não o de julgá-los. No entanto, os historiadores não vivem em uma torre de marfim. Desde o século XIX, o contexto político e social teve um papel essencial no que diz respeito à renovação de seus objetos de estudo. As lutas operárias, o movimento feminista, a mobilização coletiva contra o racismo, o anti-semitismo e a colonização, levaram vários historiadores a interessar-se pelos “excluídos” da história oficial, mesmo que a França tenha ficado para trás destas modificações.
Há, portanto, uma relação estreita entre a pesquisa histórica e a memória coletiva, mas essas duas maneiras de apreender o passado não podem ser confundidas. Se é normal que os atores da vida pública sejam inclinados à apropriar-se de argumentos históricos para justificar suas causas e seus interesses, na responsabilidade de professores-pesquisadores nós não podemos admitir a instrumentalização do passado. Nós devemos nos esforçar para colocarmos à disposição de todos os conhecimentos e questionamentos suscetíveis de favorecer uma melhor compreensão da história, de maneira a nutrir o espírito crítico do cidadão, fornecendo-o elementos que o permitirá enriquecer seu próprio julgamento político, ao contrário de falar em seu nome.
As atuais questões sobre a memória
Em um século, foram várias as tentativas que visavam colocar a história à serviço da política. O nacionalismo e o stalinismo mostraram que a partir do momento em que os historiadores, e também os outros intelectuais renunciaram a defender a autonomia do pensamento crítico, as consequências só poderiam ser desastrosas para a democracia. No decorrer dos últimos tempos, as manipulações do passado foram multiplicadas. Os “negacionistas”, estes “assassinos da memória” (Pierre Vidal Naquet), buscaram distorcer a história do Holocausto para servir às teses da extrema direita. Atualmente, o problema principal recai sobre a questão colonial. Em várias cidades do sul da França, apareceram diversos escritos celebrando os ativistas da OAS (Organisation de l’armée secrète), os quais haviam sido condenados pela justiça por suas atividades anti-republicanas. Recentemente, o governo não exitou em adotar uma lei (23 fevereiro de 2005) exigindo dos professores que eles insistissem sobre “o papel positivo” da colonização.
Este lei não é apenas inquietante porque ela é constituída por uma visão conservadora do passado colonial, mas também porque ela traduz o profundo desprezo de parte do poder político em relação aos povos colonizados e ao trabalho dos historiadores. Esta lei reflete uma tendência que pode ser entendida de forma mais geral. A intervenção crescente do poder político e das mídias em questões de ordem histórica tende a impor julgamentos de valor em detrimento à análise crítica dos fenômenos. As polêmicas sobre a memória multiplicam-se e tornam-se cada vez mais nocivas. Alguns não hesitam em estabelecer classificações macabras, buscando hierarquizar as vítimas das atrocidades históricas, ou mesmo opondo as vítimas entre elas. Encontram-se ainda militantes, ávidos por combater as injustiças e as irregularidades presentes na França atualmente, se colocando no terreno de seus adversários, confundindo as polêmicas sobre o passado e as lutas sociais recentes. Apresentar aqueles que são esquecidos pela sociedade capitalista atual como “nativos da Republica”, é refletir sobre o presente a partir de categorias de ontem, é deixar- se enganar por aqueles que têm o interesse de apropriar-se dos problemas fundamentais da sociedade francesa, reduzindo-os à questões de memória.
Há várias outras áreas nas quais os historiadores são confrontados por esta lógica partidária. A multiplicação dos “lugares de memória” denunciando os “horrores da guerra” ou celebrando “a cultura de mercado” tende a impor uma visão consensual de história, que oculta os conflitos, as dominações, as revoltas e as resistências. Os debates da atualidade ignoram as aquisições trazidas pela pesquisa histórica e se contentam, frequentemente, de opor um “passado” adornado com todas as virtudes e destinado a um presente inquietante e ameaçador: “Em outros tempos, os imigrantes respeitavam ‘nossas’ tradições porque eles queriam ‘se integrar’”. Hoje, eles nos ameaçam e vivem enfurnados em suas comunidades. Antigamente, os trabalhadores lutavam por boas razões, atualmente eles pensam apenas em defender seus interesses “corporativistas”, encorajados por intelectuais “populistas” e “irresponsáveis”.
Estamos cansados de constantemente ter que relatar os aspectos “positivos” ou “negativos” da história. Nós nos recusamos a servir de árbitro para as polêmicas sobre as “verdadeiras” vítimas das atrocidades do passado. Esses discursos não levam em consideração nem a complexidade dos processos históricos, nem o papel real representado pelos atores, nem as questões de poder presentes no dado momento. No final das contas, os cidadãos que se interrogam sobre os problemas que, por vezes, os afetaram diretamente (a eles e a suas famílias), são privados de ferramentas que permitam compreendê-los.
A necessidade da ação coletiva
É verdade que vários dentre nós já haviam acionado, há algum tempo, o alarme em livros e artigos de imprensa. Mas, hoje em dia, essas reações individuais são insuficientes. A informação-espetáculo e a obsessão por audiência impulsionam constantemente à escalada, valorizando os provocadores et os apresentadores que são tidos como figuras públicas, em detrimento aos historiadores que realizaram pesquisas aprofundadas, considerando a complexidade do real. Para resistir de forma eficaz a essas investidas, é necessário agir coletivamente. É por isso que convidamos todos aqueles que recusam que a história seja abandonada nas mãos dos operantes da memória a unir-se ao nosso Comitê de vigilânca. Duas áreas de reflexão e ação nos parecem prioritárias:
1.       O ensino de história. O debate atual sobre a história colonial ilustra um mal-estar generalizado no que concerne o ensino de nossa disciplina, e o enorme descompasso que existe entre os avanços das pesquisas e o conteúdo dos programas. É fundamental começar a analisar as possibilidades para reduzir o fosso entre pesquisa e ensino, refletir sobre uma elaboração mais democrática e transparente dos programas, para que as diferentes correntes da pesquisa histórica sejam tratadas de maneira equitativa.
2.       Os usos da história no espaço público. É evidente que nosso papel não é de dominar a memória. Nós não nos consideramos como especialistas que detém a Verdade sobre o passado. Nosso objetivo é simplesmente de nos certificarmos que os conhecimentos e os questionamentos que nós produzimos sejam colocados à disposição de todos. Para isso, é necessário promover ampla reflexão sobre os usos públicos da história, e propor soluções que permitam resistir mais eficazmente às tentativas de instrumentalização do passado.